L’IA pour pallier la pénurie de main-d’œuvre ? Des opportunités existent !

L’intelligence artificielle peut être utile pour pallier la pénurie de main-d’œuvre dans les entreprises. Mais elle n’est de loin pas la panacée. L’humain doit quoi qu’il arrive rester au centre des préoccupations et pouvoir compter sur les machines pour l’aider dans les tâches répétitives, et non le remplacer. Ces constats ont été posés lors de 18e édition de la Swiss Digital Conférence, qui s’est déroulée le 7 décembre dernier au Swiss Digital Center de Sierre.

Conférences keynote, avec notamment Luc Julia (co-créateur de Siri), table ronde, ateliers participatifs et pitchs de projets d’innovation : il y en a eu pour tous les goûts, afin de traiter des thématiques du manque de main-d’œuvre dans les PME et de l’intelligence artificielle. Environ 160 personnes ont participé à cette conférence, qui a permis de faire rayonner le Swiss Digital Center dans toute la région.

En introduction, Luc Julia, Chief Scientific Officer de Renault est revenu sur l’avènement de l’intelligence artificielle. Selon lui, « l’intelligence artificielle n’existe pas. Il faut parler d’intelligences artificielles plurielles ». Il a démystifié l’IA, notamment pour les voitures autonomes. « Celles-ci ne seront jamais complètement autonomes, car il y aura toujours des cas spécifiques non prévus par la machine ».

L’IA est clairement faite, à terme, pour compléter l’humain et non pas le remplacer. « L’intelligence artificielle est une boîte à outils, avec des ustensiles différents et utiles, qui viennent m’assister et m’augmenter. Mais on peut aussi faire de grosses bêtises avec l’IA ». Il est donc important de mettre l’accent sur l’éducation et expliquer comment fonctionnent ces technologies. Selon Luc Julia, les IA du futur devront être beaucoup plus frugales au niveau de leur consommation d’énergie. « Si il y avait autant de requêtes sur Google que sur ChatGPT, il n’y aurait pas assez d’énergie dans le monde pour faire fonctionner le système. Cela fait réfléchir ». Luc Julia doute également de la capacité des IA génératives à faire du business, vu l’éclosion à venir des modèles open source. « Ceux-ci peuvent garantir la confidentialité des données et sont beaucoup plus clairs au niveau de la propriété intellectuelle ».

Les robots enlèvent la pénibilité du travail, mais pas les emplois

Luc Julia a ensuite été rejoint sur scène par Sarah Fleury-Groux, responsable RH de la PME valaisanne Eversys et Camille Pignat, directrice de Oppletis. « Je conçois vraiment la technologie comme une aide pour les tâches rébarbatives, notamment dans un monde où nous avons plein de choses à faire. On peut ainsi se concentrer sur les tâches à valeur ajoutée », a précisé Sarah Fleury-Groux.

De son côté, Camille Pignat a souligné les réticences toujours bien présentes dans la population face aux technologies. « Lorsque l’on installe un robot, on est encore perçu comme les méchants. Il y a toute une démarche de compréhension à réaliser, notamment pour expliquer que le robot est là pour ne pas enlever le travail, mais la pénibilité. L’automation permet ainsi de garder les entreprises productrices chez nous ».

 

L’IA au cœur de projets innovants, notamment en Valais

La conférence s’est poursuivie par une série de petites présentations d’innovation en lien avec les ressources humaines et la digitalisation. Thomas Tixier, expert en digitalisation RH chez Groupe T2i, a ainsi présenté la solution HR Café, qui permet de gérer les temps de travail, annoncer les congés et saisir les frais. « Il est possible, grâce au digital, de fluidifier la relation entre les employés et les entreprises, mais également de responsabiliser les collaborateurs ».

Vincent Bieri, fondateur de Nexthink, a quant à lui fait le lien entre la montagne et l’entrepreneuriat. « L’entrepreneur doit prendre les décisions au bon moment plutôt que d’être pris de court », a-t-il rappelé. Pascal Amacker de Lonza a ensuite présenté l’initiative MINTWorld, basée à Viège, qui permet de présenter les métiers techniques aux jeunes générations. « Notre plateforme propose des modules de sensibilisation au niveau scolaire, mais également pour les loisirs, pour les familles ». Plus de 2’000 participants ont déjà visité MINTWorld lors de sa première année d’exploitation.

 

Revoir la programmation des machines pour faciliter les interactions

Sylvain Calinon, chercheur à l’institut Idiap, a fait un focus sur les types de robots actifs actuellement dans le monde de l’entreprise. « Il faut revoir comment on programme les machines, afin de pouvoir les utiliser facilement, et ainsi transférer simplement les savoir-faire. L’idée est de pouvoir montrer au robot ce qu’il doit faire ».

Laurent Sciboz a ensuite pris le relais en présentant les recherches appliquées faites au Swiss Digital Center de Sierre. « Grâce à la computer vision, nous sommes par exemple capables de trier des grains de riz, selon leur qualité, de manière automatique. En oncologie, nous avons également des projets d’analyse d’images, afin de prédire au mieux les traitements. Il est aussi possible de recenser les poissons dans les cours d’eau ». L’IA est utilisée pour ces projets et ces différents cas d’usage.

Eliott Dupuy de la start-up Kleap, a mis en lumière leur plateforme qui permet de créer un site internet via smartphone. L’outil utilise l’IA, et est surtout destiné aux toutes petites entreprises. L’équipe de Kleap a « nourri » l’IA avec des milliers de sites web. « Nous enregistrons actuellement 1000 inscriptions par jour et plus de 100’000 sites ont déjà été faits via Kleap. C’est une preuve de l’attrait de notre modèle automatisé », précise Eliott Dupuy.

 

Des ateliers participatifs, encore de l’IA… et Michel Pont

En début d’après-midi, pas moins de sept ateliers ont permis aux participants de découvrir différentes thématiques en lien avec les PME (succession, automatisation de tâches répétitives, recrutement de la génération Y, engagement de personnel étranger…). La Swiss Digital Conférence s’est terminée par un exposé d’Etienne Mineur, qui a présenté une série d’outils d’IA utiles aux PME. Michel Pont, ancien entraîneur adjoint de l’équipe de Suisse de football, a conclu la manifestation avec une conférence sur l’importante de l’humain et de l’esprit d’équipe.

 

Informations complémentaires : www.swissdigitalconference.ch

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