Les PME doivent anticiper pour éviter la dégradation des services cloud critiques

Les PME, en Valais comme ailleurs, font de plus en plus appel à des solutions cloud pour leur bureautique, le stockage de fichiers ou même la gestion de leurs données. Les éditeurs de logiciels font tout pour assurer la continuité de leurs services, sans pour autant que celle-ci soit assurée dans tous les cas. Du coup, les PME doivent absolument se préparer à une éventuelle dégradation de leurs services, en priorisant les activités essentielles et en travaillant avec les éditeurs à leur continuité. Retour sur la présentation de Sébastien Gard, professeur à la HES-SO Valais/Wallis et de Valerio Siciliano, CTO de BS-Team lors de la Swiss Digital Conférence au Swiss Digital Center.

« Actuellement, environ la moitié des PME hébergent leurs données, et notamment celles liées à leur comptabilité sur des solutions en cloud, et la tendance va de plus en plus vers ce type de solutions. Cela fait partie de la stratégie des éditeurs, pour des raisons économiques, mais également techniques », précise Sébastien Gard, professeur à la HES-SO Valais/Wallis. En version cloud, les solutions se développent plus rapidement et la maintenance est faite plus facilement. L’utilisation pour le client est également simplifiée. « Par ailleurs, pour une PME, le coût d’entrée pour une solution cloud est beaucoup plus faible qu’un logiciel traditionnel ».

Le problème, c’est que d’une fois que l’on a franchi le pas du cloud, on ne sait pas très bien où on met les pieds et il est parfois difficile de revenir en arrière. Ces solutions cloud sont souvent opaques et complexes.

 

Plusieurs centaines d’API pour faire fonctionner une application

Pour illustrer le propos, Sébastien Gard a fait appel à la société suisse BS-Team, qui a décortiqué le logiciel Dynamics 365, la solution CRM commercialisée par Microsoft. « L’idée est de comprendre comment cela fonctionne et surtout quels sont les services qui composent cette page et comment l’outil accède aux différents services », précise Valerio Siciliano, CTO de BS-Team. L’une des premières pages du CRM fait appel à des services de localisation, mais également des services Exchange (communication e-mail avec les clients, calendrier), de chat, de gestion de documents ou encore de Business intelligence.

Pour l’authentification à Dynamics 365, les données sont hébergées sur les datacenters de Dublin et d’Amsterdam, avec une redondance. « Avec l’authentification à double facteur, les données passent également par les Etats-Unis, par exemple si l’authentification se fait via une Apple Watch. » Du coup, les données se retrouvent parfois éparpillées dans le monde, malgré le fait que Microsoft dispose de datacenters en Suisse. Mais vu la redondance entre les serveurs, le risque de panne est minimisé. « Certaines informations d’authentification passent ainsi par des câbles qui sont enfouis au fond de l’océan », souligne Valerio Siciliano.

Toute la complexité est rendue très simple au niveau de l’interface de Dynamics 365, mais plusieurs centaines d’API sont sollicitées pour faire fonctionner le système. Les solutions cloud sont modulaires, et chaque application fournit un service et est responsable de la donnée.

 

Redondance et dispersion géographique

Redondance des serveurs et dispersion géographique des données et des services sont les solutions proposées par les éditeurs informatiques pour améliorer la résilience de leurs services. Mais malgré cela, il y a régulièrement des petites dégradations du système. Les entreprises doivent en prendre conscience et s’y préparer, selon Sébastien Gard. « L’essentiel est de pouvoir classer et prioriser les activités, en mettant en avant ce qui est absolument vital au fonctionnement ». Dès que ces priorités sont posées, il est possible de travailler avec les éditeurs de logiciels pour mettre en place de mesures afin de réduire la probabilité de défaillance.

L’autre axe est de pouvoir réduire l’impact en cas de gros souci. Et cette réduction se fait aussi en amont. Comment faire en sorte de l’activité peut continuer en ayant le moins de pertes possible durant la période où certains services cloud seront dégradés ou indisponibles ? C’est finalement la raison d’être des plans de continuité dans les entreprises.

 

Propos recueillis le 27.01.2023 à l’occasion de la Swiss Digital Conference

Valerio Siciliano de chez BS-Team, lors de la Swiss Digital Conférence 2023

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